Article de recherche

EQUIS, un cadre pour transformer les business schools

EQUIS ne se limite pas à évaluer la qualité des business schools, il les accompagne dans une démarche d’amélioration continue. Le système analyse la cohérence entre leur stratégie, leurs ressources, leurs programmes, leur recherche et leur impact. Il prend aussi en compte les nouveaux enjeux liés à l’internationalisation, à l’innovation pédagogique, au numérique et à l’IA. L’article montre qu’EQUIS est moins un label figé qu’un outil de transformation institutionnelle durable.

EQUIS, un cadre pour transformer les business schools EQUIS ne se limite pas à évaluer la qualité des business schools, il les accompagne dans une démarche d’amélioration continue. Le système analyse la cohérence entre leur stratégie, leurs ressources, leurs programmes, leur recherche et leur impact. Il prend aussi en compte les nouveaux enjeux liés à l’internationalisation, à l’innovation pédagogique, au numérique et à l’IA. L’article montre qu’EQUIS est moins un label figé qu’un outil de transformation institutionnelle durable. Dans un paysage comptant plus de 15 000 business schools à travers le monde, identifier les institutions qui offrent réellement qualité, pertinence et impact à long terme est loin d’être évident. Les futurs étudiants, les partenaires entreprises et les acteurs publics s’appuient souvent sur des indicateurs partiels, tels que les classements, la réputation ou l’offre de programmes. Pourtant, ces éléments donnent rarement une vision complète de la capacité d’une école à proposer une formation réellement significative, à soutenir son développement et à contribuer à la société. C’est dans ce contexte qu’EQUIS, le système d’amélioration de la qualité de l’EFMD, trouve sa place. Depuis son lancement en 1997, EQUIS vise à fournir un cadre rigoureux et global pour évaluer et améliorer la qualité des business schools à l’échelle internationale. Il évalue les institutions à travers un ensemble complet de dimensions, notamment la gouvernance, les programmes, les étudiants, le corps professoral, la recherche et, de manière centrale, l’internationalisation, l’éthique, la responsabilité et la durabilité, ainsi que l’engagement avec le monde professionnel. Ce qui distingue EQUIS, c’est l’importance accordée à la cohérence et au contexte. Plutôt que de promouvoir un modèle unique d’excellence, le système interroge la capacité d’une école à définir une vision stratégique claire, à aligner ses ressources et ses activités avec cette vision, et à atteindre ses objectifs de manière cohérente et durable. La stratégie n’est donc pas un exercice abstrait, mais l’ossature qui relie toutes les dimensions de l’institution, du corps professoral et de la recherche jusqu’aux programmes et aux partenariats externes. En même temps, EQUIS n’est pas seulement un système d’évaluation de la qualité. Il est fondamentalement un processus d’amélioration continue. L’accréditation n’est pas un point d’arrivée, mais une étape dans un cheminement permanent. Les écoles sont encouragées à réfléchir à leur raison d’être, à évaluer leur positionnement et à s’adapter continuellement à un environnement en transformation. Cette attention portée à l’amélioration continue est au cœur de la philosophie d’EQUIS et de la mission plus large de l’EFMD. Concrètement, le processus demande aux écoles de mener une autoévaluation approfondie, suivie d’une évaluation par les pairs conduite par des experts internationaux. Cette combinaison entre réflexion interne et regard externe permet aux institutions d’identifier leurs forces, de traiter leurs fragilités et d’affiner leur orientation stratégique. Elle les aide également à formuler ce qui fait leur singularité dans un environnement de plus en plus concurrentiel et mondialisé. EQUIS, en tant que système, évolue également en permanence afin de répondre aux transformations de son environnement. La révision des standards en 2024 a introduit une compréhension plus large de ce qui constitue une recherche de valeur. Si l’excellence académique demeure essentielle, le cadre reconnaît désormais explicitement une plus grande diversité de formes de recherche, depuis la recherche académique fondamentale jusqu’aux contributions orientées vers la pratique professionnelle ou pertinentes pour les politiques publiques. Les écoles sont donc attendues non seulement sur leur capacité à produire des résultats de recherche, mais aussi sur leur aptitude à définir une stratégie de recherche claire, alignée avec leur mission et leurs objectifs. Elles doivent également démontrer l’existence de dispositifs de soutien appropriés, notamment en matière de développement du corps professoral, d’allocation des ressources et de structures organisationnelles permettant une activité de recherche durable. Cette évolution traduit une attente croissante selon laquelle la recherche doit contribuer à la fois à la production de connaissances et à l’amélioration des pratiques de management. Au-delà de la recherche, les mises à jour récentes soulignent aussi l’évolution de l’éducation au management. En 2024, un nouveau critère d’évaluation portant sur le développement pédagogique et l’innovation a été introduit, rappelant que la manière dont l’éducation est délivrée est aussi importante que les contenus enseignés. Les écoles sont encouragées à investir dans de nouvelles approches pédagogiques, à intégrer des outils numériques et à répondre à l’évolution des attentes des apprenants. De même, la révision de 2025 du standard relatif à l’internationalisation reflète une transformation des conditions géopolitiques et géoéconomiques. L’attention ne porte plus principalement sur le volume des activités internationales, mais sur leur finalité et leur alignement avec la mission de l’école. Les institutions doivent démontrer un engagement international significatif et montrer comment l’internationalisation soutient leurs objectifs stratégiques. Une autre évolution importante concerne l’intégration de la digitalisation et de l’intelligence artificielle dans l’ensemble des standards. Plutôt que de traiter ces sujets comme des dimensions séparées, EQUIS les intègre comme des dimensions transversales affectant les programmes, la pédagogie, la recherche et les processus institutionnels. Cela encourage les écoles à adopter une vision systémique du changement technologique et de ses implications. Malgré son caractère complet, EQUIS est parfois mal compris. Ce n’est pas un classement, ni un label de qualité figé. Son objectif n’est pas de comparer directement les écoles entre elles, mais d’évaluer si elles répondent à des standards internationaux exigeants tout en restant fidèles à leur propre mission et à leur contexte. Il est également vrai que le processus demande un investissement important en temps et en ressources. Toutefois, de nombreuses institutions considèrent que la clarification stratégique et l’alignement interne produits par ce processus comptent parmi ses résultats les plus précieux. Plus largement, EQUIS reflète une certaine conception de la qualité dans l’éducation au management. Il reconnaît que l’excellence n’est pas unidimensionnelle et qu’il n’existe pas de modèle unique pour définir une business school réussie. Dans le même temps, il établit un cadre robuste qui encourage les institutions à équilibrer excellence académique et impact, orientation internationale et pertinence locale, innovation et responsabilité. Dans un contexte marqué par des transformations technologiques rapides, des attentes sociétales en évolution et une demande croissante de formation tout au long de la vie, les business schools sont sous pression pour redéfinir leur rôle. En plaçant la finalité, la stratégie et l’amélioration continue au centre de son cadre, EQUIS offre aux institutions une manière structurée de répondre à ces défis. En définitive, EQUIS relève moins de la conformité que de la transformation. Il aide les écoles à raconter leur histoire, à comprendre leur environnement et à façonner leur avenir. Ce faisant, il contribue à l’objectif plus large de former des dirigeants responsables et de faire progresser l’éducation au management d’une manière à la fois pertinente à l’échelle mondiale et significative à l’échelle locale. EFMD Alfons Sauquet Cet article est un article de synthèse original produit par son auteur, Alfons Sauquet, pour Pragma Learning Institute.

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